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Le Procès d'une Vie
« Un peu de silence, l’assemblée va commencer ! » 1971 : Lumière plein phare. Le théâtre se fait assemblée, le public est interpellé. Aurions-nous, nous aussi, signé le « Manifeste des 343 », paru dans Le Nouvel Obs sous la houlette de Simone de Beauvoir, et que certains médias rebaptiseront tristement « manifeste des 343 salopes » ? Je suis femme. Je suis ce mot. Je suis cette rébellion. Et nous voilà entraînés, nous, public, dans le rythme effréné du récit de l’un des plus

bjullian
20 août2 min de lecture


"J'ai avalé le monde", un slam militant, écologiste, poétique et surréaliste
La Poésie ne sauvera peut-être pas le monde, mais elle peut nous empêcher de l'oublier et d'y fermer nos yeux. On m’a dit récemment : « La poésie sauvera notre monde parce que c’est ce qui reste. » Cette phrase est restée avec moi. Parce qu’en ce moment, je regarde le monde et j’ai parfois du mal à supporter ce que nous lui faisons. Les guerres. La violence. Les animaux que nous faisons souffrir. Les forêts qui disparaissent. Les glaciers qui fondent. Et cette capacité que no

bjullian
20 août3 min de lecture


De la Comédie Française, film de Martin Darondeau et Bertrand Usclat
Bam bam bam. Trois coups de théâtre, et le rideau tremblant de la Comédie-Française s’ouvre. Je m’y accroche, car ce théâtre, patrimoine vivant, m’a toujours fait rêver. Je saute pour attraper la pointe de la baguette de cette jeune cheffe d’orchestre : Nina, jouée impeccablement par Pauline Clément, qui, dans trois heures, doit assister à sa première mise en scène, celle de Macbeth. Et la règle est bien connue : à la Comédie-Française, on n’annule jamais. Mais rien ne va com

bjullian
10 août3 min de lecture


Les Deux Frères et le Lion – Théâtre de l’Œuvre
Arrivée pour le tea-time, me voilà théière dans le magnifique et vieux Théâtre de l’Œuvre, prête à me déverser dans cette ambiance scone-marmelade aux saveurs des années 80. — Veux-tu du thé ?— Oui.— Deux sucres ?— Oui.— Il est bon, ce thé. Mais que se cache-t-il derrière ce thé si intrigant ? Très vite, on se sent Alice poursuivant le Lapin Blanc, rapetissée face à l’immensité de l’empire bâti par ces deux frères. Un conte ? Une farce ? Les deux, sans doute. En jogging bleu

bjullian
9 juil.2 min de lecture


Les Virtuoses en Pleine Tempête
Ma plume vogue encore sur les notes de ce trio exceptionnel qui l’a embarquée pendant près de deux heures dans une traversée faite de rires, d’émotions, de poésie et de musique. Les Virtuoses reviennent sur scène avec une nouvelle compagne de fortune : une violoniste aussi virtuose dans son art que dans le langage silencieux du mime. Nous voilà aussitôt embarqués sur un navire ballotté par une question essentielle : comment créer lorsque les notes restent prisonnières du sile

bjullian
6 juin2 min de lecture


Tuner - Daniel Roher
J’accorde ma plume à la sortie de l’écran noir pour dessiner quelques notes sur la portée de ce premier long métrage de Daniel Roher. Une réussite portée par une caméra sensible, un regard profondément humain et une distribution dont chaque acteur semble jouer juste. Me voilà plongée dans l’univers discret des accordeurs de piano. La musicienne que je suis navigue alors entre la beauté des instruments, l’élégance de la musique classique et le bruissement d’un monde que l’on é

bjullian
4 juin2 min de lecture


4211 km de Aila Navidi au Théâtre Marigny
4210, 4211… C’est avec moins de kilomètres que mes pas ont parcouru Paris pour rejoindre le théâtre Marigny, mais avec autant de kilomètres d’émotions que mon corps a couru. Alors j’utilise mes quelques gouttes de sueur sensible pour saisir ma plume et vous raconter une histoire d’amour. Amour pour un pays, amour pour une famille, amour pour une patrie. Une histoire d’amour, tout simplement. Sans son histoire, qui est-on ? Un déraciné qui erre pour comprendre. La protagoniste

bjullian
29 mai2 min de lecture


"Mur Mure" au théâtre de la Michodière
« Mais où sont les vrais échanges ? Les nuances ? » La question tombe comme une note suspendue. Elle vibre encore. 20h. Le plateau tourne, et avec lui, quelque chose en moi se déplace. Deux appartements apparaissent, accolés comme deux silences qui s’ignorent. Ils entendent tout, mais ne voient rien. Ils ressentent tout, mais ne se touchent pas. Machin et Machine — noms presque effacés, repris avec malice par le public — refusent la rencontre. Non par peur seulement, mais par

bjullian
4 mai2 min de lecture


Amadeus, de Peter Shaffer, mise en scène Olivier Solivérès
Un la mineur s’encre dans ma plume, et me voilà à écrire cette mélodie. Sur scène, tout s’anime : les tableaux descendent du plafond, la neige semble pleurer, les partitions naissent du ciel. La mise en scène d’Olivier Solivérès ne se contente pas de raconter, elle nous emporte. Elle nous accroche, presque jusqu’à nous écorcher le cerveau. Les comédiens s’engagent sans retenue. Ils tombent, rient, exagèrent parfois, mais donnent à voir une œuvre vivante, mouvante, presque org

bjullian
17 avr.2 min de lecture


The Drama, de K. Borgli
Suis-je une émotion ? Un rôle ? Un mensonge bien joué ? Dans la pénombre du cinéma, une chose devient claire : The Drama ne raconte pas une histoire d’amour. Il met en scène le théâtre du couple. Charlie et Emma s’aiment. Ou du moins, ils jouent à s’aimer. Jusqu’à cette question, presque anodine : quelle est la pire chose que tu aies faite ? Et soudain, tout bascule. Le vernis craque. Le mariage - cette institution si bien répétée - devient scène de crime. Le réalisateur Kri

bjullian
13 avr.2 min de lecture


Jusqu’à ce que la mort nous sépare – Rémi De Vos / Théâtre Essaïon
Une urne se brise, et me voilà poussière, invitée malgré moi dans le décor des émotions. Je flotte autour de trois comédiens survoltés qui portent, avec une noirceur jubilatoire, le texte de Rémi De Vos. Je virevolte à mort, volteface amour. Ici, tout se dit comme ça se pense : frontal, drôle, acide. Entre “mort” et “amour”, quelques lettres seulement, et jamais d’indifférence. Le deuil rapproche une mère, un fils, et une future belle-fille à peine installée dans l’histoire.

bjullian
3 avr.1 min de lecture


La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob – de Jean-Philippe Daguerre
« Pardonnez-moi, mais je suis maniaque des mots », murmure à l’oreille de son amour la protagoniste de l’histoire. Nous avons un point commun. J’attrape donc ses mots au vol et je décide de jongler, comme on jongle insolemment avec des bouts de vie aujourd’hui. Car c’est de cela dont s’habille cette pièce : des vies menacées, bouleversées, écrasées, coupées, recollées… sur un fond de rires. L’histoire de la sortie de Rabbi Jacob , succès international dans les salles. Derrièr

bjullian
17 mars2 min de lecture


"Voltige" : l'art d'apprivoiser le ciel
« Un rêve, ça se travaille » La phrase claque comme une consigne de vol. Je deviens nuage dans un théâtre de velours rouge et me faufile dans le ciel de Dorine, héroïne de haute voltige dont le parcours n’a rien à envier aux grandes pionnières. Elle ne vient pas seulement raconter son histoire. Elle vient la retraverser. Paraplégique après un accident d’avion dont elle fut l’unique survivante, elle déroule en mosaïque les fragments d’une vie suspendue : la chute à seize ans,

bjullian
20 févr.3 min de lecture


The Loop de Robin Goupil : la création du Chaos
« Toc toc. »Trois coups de théâtre à la porte. Le public retient sa voix dans un décor d’Amérique années 50. — Oui ? répond le spectateur en silence.— C’est moi. Le Chaos. Je sais, je fais peur. Mais croyez-moi, j’arrive pour vous sauver. Prenez ma main. On y saute. Quel charmant gentleman, il badine avec nos angoisses : l’inconnu. L’enfermement. La folie. Et l’auteur parvient à nous le faire aimer. Sa technique est simple. Presque galante. Un infime changement de ton. Un tir

bjullian
15 févr.2 min de lecture


Wonder Man, la moëlle et le masque
Je plante ma fourchette dans le petit écran de Disney+ avec l’appétit des curieux. Nouvelle pépite Marvel, me dis-je. Une de plus dans la vitrine clinquante du MCU. Et pourtant… dès la première bouchée, quelque chose déraille. Ce n’est pas un plat industriel. C’est un trompe-l’œil. Une illusion bien dressée qui fond autrement sous la langue. Simon Williams est un acteur hollywoodien en devenir. Il attend son heure comme on attend que l’eau bout. Lors d’une rencontre avec Trev

bjullian
15 févr.2 min de lecture


Rental Family de Hikari. L’art de se retrouver « vrai », ou quand les masques tombent
Je suis une fourmi, plume sur l’épaule, glissant entre les sièges de velours rouge d’une fourmilière bruyante à l’aura cinématographique. Tokyo palpite déjà. L’écran s’ouvre. Les gratte-ciels poussent à vue de bobine, en couleurs pastel et grainées. Leurs fenêtres sont des yeux allumés qui nous invitent à entrer dans l’intimité humaine. Dans ces ventres urbains, on pleure, on rit, on s’aime, on se dispute. On vit. Mais hors de notre chair, nous devenons squelettes. C’est ains

bjullian
8 févr.3 min de lecture


Amelia Earhart, ou quand l’aérien devient langage poétique et féministe.
« Amelia Earhart » – Théâtre La Scala, Paris Mise en scène Lucie Calvet – Compagnie Pérégrin Je vole. Quel humain n’a jamais mâché ce rêve secret : voler ? Sans tarder, j’attrape sous le bras mon cœur engagé de femme, je mâchouille ma curiosité enfantine, et je me fraie un passage entre les gouttes effrontées de l’hiver. Direction un monde hors-sol. La Scala ouvre ses portes à un premier saut dans le ciel : le récit d’une femme de haut vol, l’icône ailée Amelia Earhart. Pionn

bjullian
4 févr.3 min de lecture


Hamnet ou le Manifeste de l'Artiste : Quand le Deuil se fait Encre
Engourdie par les yeux froids de ce janvier parisien, je me suis recluse dans l’obscurité enrobante d’une salle de cinéma pour découvrir le nouveau chef-d’œuvre de Chloé Zhao, après Nomadland . Je ramasse quelques-unes de mes larmes sucrées pour balbutier, sur une page encore frissonnante, des lettres qui se font l’encre-rivière d’une histoire universelle. Dans ce courant s’échappe l’Angleterre de 1580. Un professeur de latin et une jeune femme à l’esprit libre, Agnes, s’enla

bjullian
28 janv.3 min de lecture


Mission Florimont : une quête à demi-mesure
Me voilà pourfendant l’air frais et dégoulinant d’un Paris endormi, munie de ma seule plume de velours dans son écrin d’acier. Je marche vers une drôle de mission : celle de Mission Florimont , la nouvelle comédie de Sébastien Azzopardi au Théâtre de la Gaîté. Le rideau se lève et les écrans s'allument, nous catapultant en 1534. François 1er est acculé ; son dernier espoir repose sur les épaules de Florimont de la Courneuve, le meilleur de ses agents... ou du moins, le seul e

bjullian
26 janv.2 min de lecture


Saint-Exupéry, le commandeur des oiseaux : savoir rêver grand et vrai
Ma plume goutte encore à la sortie du Théâtre La Bruyère… Pourquoi ? Car le ciel est grand quand on vient de voyager à bord de la vie d’Antoine de Saint-Exupéry, un homme extra dans l’ordinaire, un rêveur aux pas « encrés » dans un désert si humide de poésie et de vérité qu’on ne peut en ressortir indemne. Je suis devenue oiseau migrant sur les terres du Petit Prince à l’âge de 8 ans, grâce à une maman passionnée de littérature, et je n’ai vraiment jamais quitté son ciel. J’a

bjullian
22 janv.3 min de lecture
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