Léocadia : Le Carrousel des Histoires Vécues
- bjullian

- 9 déc. 2025
- 2 min de lecture

Un plongeon dans l'onirisme de Jean Anouilh
De mon tremplin rouge, je décide de soigner mon plongeon pour entrer sans faire de plat dans ce carrousel d’histoires qui s’invite en miroir à nos propres yeux dévorants et impatients.
Dans une mise en scène fine, ronde et inventive de David Legras, les personnages tournent et valsent dans ce carrousel sensible qui nous balade au gré des émotions. Comment se remettre d’un amour perdu ? Nos cœurs tendent bien large leurs oreilles pour ne rater aucun message de cette fable onirique, poétique et romantique qui allège pendant 1h30 nos rythmes quotidiens effrénés.
La mécanique du conte de fées moderne
Des acteurs engagés et nourris d’onirisme, des personnages secondaires pleinement incarnés qui viennent alléger la juste sincérité de nos deux protagonistes. Quelle belle mise en valeur de la plume unique et vagabondante d’un Jean Anouilh dans toute sa splendeur ! C'est une pièce méconnue, drôle et onirique, mais si proche de nos préoccupations d’aujourd’hui.
On rit à ces gorges chantantes d’inconnu, on sourit à ces bouches affamées de vie, on s’interroge à ces pas hésitants : dans ce conte de fée moderne et grinçant, on recrée une illusion pour mieux débloquer la réalité.
L'illusion nécessaire
Pris dans la toile de cette mise en abyme théâtrale, nous nous retrouvons au cœur sanglantine d’une illusion recréée (l’amour perdu de Léocadia) pour retrouver une réalité (le nouvel amour qu’est Amanda). Où commence la vérité, où finit la fiction ? Et surtout : l'illusion n’est-elle pas parfois nécessaire pour faire jaillir la vérité de nos émotions ?
On s'énerve quand les rideaux tombent, mais on "galère" quand l’histoire tourne en boucle. Comme ce Prince, je me retrouve enfermée dans une histoire d’amour et je ne veux pas en démarrer une nouvelle. Nouveau roman, nouvelle page, nous sommes tous et toutes ce prince pris dans l’océan de nos mélancolies.
La morale du voyage
Comme toute fable, nous nous nourrissons d’une morale qui restera ancrée en nous grâce à la magie virevoltante de ce bijou de création de la Compagnie des Ballons Rouges : l’animal que nous sommes a besoin d’histoires, de plusieurs histoires, pour ne pas rester la proie d’une seule et même qui se serait terminée abruptement.
La vie n’est qu’une succession de chapitres. À nous de nous en faire le prince en prenant notre plume et en écrivant non pas toujours la même page, mais un vrai roman léocadien. Prenez votre « ancre » et rejoignez le navire de Léocadia : vous ne serez pas déçu du voyage.
Leocadia de Jean Anouilh, par la Compagnie des Ballons Rouges







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