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La Femme de ménage (The Housemaid) de Paul Feig : Un thriller pop au vitriol

  • Photo du rédacteur: bjullian
    bjullian
  • 5 janv.
  • 2 min de lecture

« Ne vous fiez pas aux apparences. » Mais quand l’être et le paraître s'affrontent sur le terrain de vos failles sentimentales, on ne sait plus sur quel pied danser — celui, sans doute, d’une ballerine aux pieds de fer dans des chaussons de velours. C’est ce que nous prouve Millie, interprétée avec un talent électrique par Sydney Sweeney.


Bien installée dans le velours rouge d’un cinéma de quartier, me voilà impatiente de découvrir l’adaptation du puzzle de Freida McFadden. Je sais déjà que mon cerveau devra rester sur le qui-vive, tout comme mon paquet d’émotions. L’histoire semble simple : une jeune femme au passé trouble s’invite dans l’intimité d'une riche famille. Mais très vite, la maîtresse de maison — une Amanda Seyfried magnifiquement inspirée — montre des signes de malaise, rappelant le dérangeant Harry, un ami qui vous veut du bien.


Nous ne sommes pas déçus du voyage, ou plutôt de cette « visite immobilière ». Paul Feig, qui avait déjà fait un saut de marelle réussi dans le genre avec L’Ombre d’Emily, confirme ici sa patte unique. Il injecte une brillance visuelle et une tension de huis clos théâtral dans la maison des Winchester. Ce catalogue de décoration intérieure, trop parfait pour être honnête, rend l’horreur sous-jacente encore plus glaciale.


Si l’on a oublié nos moufles, le duo d’actrices, lui, ne prend pas de gants. Paul Feig, amoureux des duels féminins, transforme Millie en une figure de résilience. Il capte, en mêlant abruptement plans larges et gros plans, les micro-expressions et ces sourires de façade qui cachent une guerre psychologique totale.


Brisons la coque vernie : le tour de force réside dans cet humour noir et ce kitsch assumé, proche d’un Kill Bill. Feig s'amuse des clichés — le mari trop beau, le jardinier mystérieux — et assume un côté « soap opera de luxe » qui rend le sordide étrangement jouissif.


Fidèle à la narration labyrinthique du roman, le cinéaste nous rend prisonniers de nos propres émotions à coups de twists audacieux. Paul Feig confirme qu’il est aussi à l’aise dans l’ombre du thriller que dans la lumière de la comédie. Il signe ici un « thriller pop » aux notes acidulées, une partition à la fois cruelle, élégante et digne d’un genre renouvelé.


Mon conseil : accrochez-vous à vos dents, ça va grincer.

 
 
 

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