Oliver Twist de Charles Dickens, mise en scène Ned Grujic au Théâtre Le Lucernaire (Paris)
- bjullian

- 5 déc. 2025
- 2 min de lecture

En me glissant discrètement sur les sièges, dévorants d’impatience, du beau théâtre Le Lucernaire, je ne m’attendais pas à voyager sur les notes de musique d’une aventure aussi rocambolesque que pittoresque. Mon ticket de train valait de l'or, me transportant à travers un Londres hurlant de vérité du XIXe siècle.
Décor, costumes, jeu, lumières, musique : tous les ingrédients sont présents pour nous plonger dans l’histoire légendaire et intemporelle d’Oliver Twist, ce jeune orphelin interprété magnifiquement par Pauline Tonnot. Nous, simples spectateurs, devenons les habitants d’une ville où l’esprit de l’époque victorienne de Charles Dickens nous enrobe de sa noirceur, de son danger et de sa folie.
Pris dans l’intrigue de cette vie turbulente, parfois injuste, parfois cocasse, nous vivons la course effrénée de ce jeune garçon qui apprend la vie sur un terrain dur et glissant. C'est comme prendre le bord d’un grand huit aux rails chancelants et vétustes.
Nous sommes happés très rapidement par la mise en scène au cordeau effilé d’un Ned Grujic en grande forme. Chaque battement de cœur est rythmé par des claquettes maîtrisées et endiablées, devenant elles-mêmes des éléments narratifs de tension. Les mots rebondissent de bouche en bouche, d’émotions en émotions, pour nous envelopper de leur dangerosité. Les pas de danse résonnent jusqu’à notre place pour nous rappeler que la vie, quelle que soit l’époque, n’est pas un ballet classique et silencieux.
Le jeu des acteurs est irréprochable et nous donne envie de jouer à notre tour, de tenter quelques tours de haut vol entre deux épingles à linge, quelques embrassades entre deux coups durs du héros, quelques furies à brandir entre deux coups d’injustice.
Nous avons affaire à une très belle adaptation dont la dureté et la réalité sont retransmises de telle sorte que quelques lueurs d’espoir s’invitent dans les poches de cette jeune bande d’acteurs qui s’y donnent à cœur joie.
Grande connaisseuse de ce roman d’apprentissage, je me voyais aux côtés du terrible Fagin en train de préparer ma vengeance, ou main dans la main d’Oliver valsant dans les tribulations de ce cœur innocent et naïf, ou encore dans le bon cœur d’un M. Brownlow portant secours et réconfort à un petit garçon malchanceux.
Que vous soyez novice ou passionné de ses aventures, cet Oliver Twist vous fera passer un moment féériquement réel. Vous en ressortirez avec l’envie de faire battre votre cœur au rythme d’une claquette victorienne. Courez au Lucernaire, et ne regardez pas ce qui se trouve derrière !
Oliver Twist, Lucernaire, Paris jusqu’au 10 janvier 2026



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