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Amadeus, de Peter Shaffer, mise en scène Olivier Solivérès

  • Photo du rédacteur: bjullian
    bjullian
  • 17 avr.
  • 2 min de lecture

Un la mineur s’encre dans ma plume, et me voilà à écrire cette mélodie.


Sur scène, tout s’anime : les tableaux descendent du plafond, la neige semble pleurer, les partitions naissent du ciel. La mise en scène d’Olivier Solivérès ne se contente pas de raconter, elle nous emporte. Elle nous accroche, presque jusqu’à nous écorcher le cerveau.


Les comédiens s’engagent sans retenue. Ils tombent, rient, exagèrent parfois, mais donnent à voir une œuvre vivante, mouvante, presque organique. Entre narration et dialogue, la pièce avance avec énergie, portée par une mécanique précise, presque musicale.


Au cœur du récit, Mozart apparaît dans toute sa contradiction : génial, excessif, parfois vulgaire, profondément humain. Face à lui, Salieri se présente comme l’auteur de sa chute. Par jalousie, dit-il, il aurait étouffé la mélodie de sa vie. Vérité ou fantasme ? Peu importe. Nous sommes pris dans cette confession.


La pièce, écrite par Peter Shaffer et adaptée au cinéma par Miloš Forman, nous rappelle une chose essentielle : le génie ne suffit pas. Il faut encore apprendre à vivre avec lui.


Et c’est peut-être là que le spectacle devient plus universel. Car Mozart nous renvoie à nous-mêmes.

Il y aura toujours quelqu’un de plus brillant, de plus libre, de plus audacieux. Alors que faisons-nous de notre propre partition ?


Sommes-nous une note parmi d’autres, vouée à disparaître ? Ou choisissons-nous de faire entendre, malgré tout, notre propre musique ?


L’artiste, peut-être, est celui qui ose jouer avec cette lumière - même fragile, même vacillante -, qui ose badiner avec cette musique - si détonante, si dérangeante. L'artiste sait, essaie, mais ne manque jamais de véracité.


Alors ne passez pas à côté de ce spectacle : entrez dans cette musique, laissez-vous traverser… et venez au théâtre, là où les vies vibrent encore plus fort que les mots.

 

 
 
 

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