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"J'ai avalé le monde", un slam militant, écologiste, poétique et surréaliste

  • Photo du rédacteur: bjullian
    bjullian
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture


La Poésie ne sauvera peut-être pas le monde, mais elle peut nous empêcher de l'oublier et d'y fermer nos yeux. On m’a dit récemment :


« La poésie sauvera notre monde parce que c’est ce qui reste. »


Cette phrase est restée avec moi. Parce qu’en ce moment, je regarde le monde et j’ai parfois du mal à supporter ce que nous lui faisons. Les guerres. La violence. Les animaux que nous faisons souffrir. Les forêts qui disparaissent. Les glaciers qui fondent. Et cette capacité que nous avons parfois à continuer comme si tout cela était normal.


Alors j’écris.


Pas parce que je pense qu’un poème va arrêter une guerre ou sauver un glacier. J’écris parce que je refuse de devenir indifférente.


Pour moi, la poésie est un acte de résistance. Résister à la vitesse. À l’oubli. À l’indifférence. À tout ce qui nous pousse à ne plus regarder. Écrire, c’est parfois simplement dire : je vois.


Je vois la feuille qui tremble. Le vent qui passe. La patte d’un animal sur un chemin. Le glacier qui craque. La beauté fragile du vivant.


Et peut-être que c’est déjà une manière de résister : continuer à s’émerveiller suffisamment pour avoir envie de protéger ce qui nous entoure.


C’est de là qu’est né « Vis de poésie ».


J’y ai imaginé les mots comme une nourriture. J’ai mangé un mot, puis deux, puis une page entière. Et soudain, j’ai eu faim du monde.


J’ai mangé des mots pour mieux sentir le vivant.


Alors oui, peut-être que la poésie ne sauvera pas le monde. Mais tant qu’elle nous permet de regarder, de ressentir, de questionner et de ne pas détourner les yeux, elle peut encore nous rappeler une chose essentielle : nous sommes vivants. Et ce monde aussi. Alors j’écris. Et j’ai encore faim du monde.


Vis de poésie

Un slam poétique et surréaliste sur le vivant, la beauté et cette nécessité de ne pas devenir indifférent.


Vis de poésie.

J’ai mangé un mot

Au lever du soleil.

Longtemps j’ai maché

Et mon corps s’est fait

Syllabe

Palpable

Enfin.

J’ai avalé deux mots

Au suivant soleil,

Cette fois engloutis

Et Une page s’ouvrit.

J’entends alors

Le monde dehors :

La branche devient mélodie

Sous le vent étourdi

La feuille prend vie

Sur un sol endormi

Elle danse un la

Qui donne le pas.

Le tronc craque

Car il se fait de vieux os

Le glacier claque

Car il retend sa peau.

La faune est orchestre

La flore bat la mesure,

Et pour la première fois

Je bois l’instant.

 

J’oublie le bruit des guerres,

Pour me fondre lentement

dans le silence bruyant

D’un monde bavard,

dont seuls ceux qui respirent

savent entendre son tintamarre.

 

Je me fais…

avare

d’une herbe qui pousse

lézard

d’une terre qui tousse,

amour

d’un vent qui conte

bravoure

d’une racine qui compte

danseuse

d’une pluie musicienne

aérienne

d’un nuage voltigeur

sourire

d’une empreinte de patte

rire

d’un chemin frégate

capitaine

d’un décor vertigineux

fourmi

d’un chapeau fabuleux

peine

d’une chouette qui hurle

ami

d’un ciel qui me particule.

 

J’ai avalé plusieurs mots

Au lever du soleil

Et j’avais encore faim

D’un monde sans fin.

 

J’en ai fait mon régime

Contre cette déprime

De ceux qui ferment les yeux

Et chaque jour beuglent.

Il y a ceux qui cassent,

Moi je me tracasse,

Il y a ceux qui brassent

Moi je me fais air

 

Car…

 

Il y a du beau

Si l’on sait attraper le temps.

Il y a du vrai

Si l’on sait écarter le mauvais…temps.

 

Soyons Poètes,

Soyons Artistes,

Soyons à la fête

Que mérite notre monde

Soyons la piste

Où Danse notre monde.

 
 
 

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