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Critique : Comment Je suis Devenu Stupide — L'éloge du Dérèglement

  • Photo du rédacteur: bjullian
    bjullian
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

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L'Accroche Émotionnelle

Un sourire accroché au cœur : voilà le trophée gagné en sortant du Funambule Montmartre après Comment Je suis Devenu Stupide. Cette pépite théâtrale n’est pas un simple spectacle, c'est un grand huit émotionnel qui vous balance entre les vertiges d'une vie trop lucide et le désir furieux de vivre. Vivre différemment, follement, mais jamais en tâtonnant.




L'Arbre Tordu de la Conscience


L'idée de Martin Page est le socle d'une ironie tranchante : trouver l'art et la manière de devenir stupide dans une société où la lucidité est le seul joker qui fait plus souffrir que réussir.

De cette racine, le texte dessine un arbre à la fois fleuri et feuillu, dont le tronc est marqué par les coups de hache d'une société filant droit dans le mur. Le propos est cru, vif, acerbe. Il effleure la politique, danse avec le suicide dynamiteur, se frotte au miroir déformant de l'alcoolisme et à l'illusion glacée de l'argent. Antoine, le protagoniste, réfléchit trop. Il comprend trop. Il devient le loup pour l'homme qu'il est, s'oubliant jusqu'à devoir se chercher dans le tumulte d'une fête foraine. Il en oublie qu'une louve peut le sauver de son terrier.


La Chute du Quatrième Mur


C'est là que le théâtre s'incendie. Le spectacle brise le quatrième mur et nous entraîne, spectateurs complices, dans sa chute. Nous prenons un cours de suicide, puis d'alcoolisme, et sommes confrontés à la grande question d'Antoine, le désorienté : « Qu’est-ce que l’on souhaite au Père Noël ? »

L'argent ? L'argent encore ? Jusqu'à ce qu'une voix jaillisse du noir : « L’amour ! »

« Voilà une chose qui ne sert à rien », rétorque Antoine.

Et pourtant... C’est donc à notre tour de nous perdre, de nous glisser dans les méandres d’un train fantôme, de sentir la folie du grand huit et la mélancolie d'un vieux carrousel, pour saisir le génie de cette œuvre.


Le Carrousel de la Sincérité


La mise en scène, surréaliste et poétique de Grégory Baud, est un écrin vibrant. Portée par le jeu rocambolesque, sincère et ingénieux des quatre acteurs, cette pièce est un kaléidoscope d'humanité. Aucun et tous vous ressemblent, aucun et tous sont uniques.


Mais assurément, tous vous rappelleront que l’écrin de la vie ne se façonne pas avec la tête mais le cœur et la sincérité.


Suivez leur aventure, escaladez leur mésaventure, oubliez votre censure et plongez dans ce monde dont vous ressortirez transformé. Bravo à la Compagnie des Souffleurs d’histoire pour ce geste de théâtre si nécessaire.

 
 
 
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