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LE GUIDE DU PARFAIT GENTLEMAN ASSASSIN, théâtre du Palais-Royal

Photo du rédacteur: bjullian
bjullian
27 sept.
2 min de lecture

Basé sur le roman de Roy Horniman

Adapté de la comédie musicale : A Gentleman’s Guide to Love & Murder



Chuuut… Quelques visages flottants dans le noir, éclairés de torches, me préviennent : l’histoire sera terrible. Un assassin méticuleux va faire son entrée. Prends garde… Je m’arme alors de ma plus grande curiosité et d’une certaine gourmandise pour le sang noir et me glisse dans les mémoires d’un homme prêt à tout pour obtenir la succession et le grade qu’il estime lui revenir.


La première note est sombre. Un jeune homme sans le sou, à l’enfance injuste, veut récupérer pas à pas ce qui lui est dû et décide d’éliminer un à un les sept héritiers qui le précèdent. Je me fonds dans le décor, mes yeux ne s’accrochent à aucun bémol et, prise dans la tempête musicale magnifiquement orchestrée par le talentueux Benjamin Pras, ma viciosité voyage de tableau en tableau. On suit un comédien qui prend plaisir à mettre son destin en jeu : chaque meurtre est plus loufoque que le précédent et mon sourire suit les coups de hache, le poison « in my pocket » ou les coups d’infortune qui s’abattent sur cette terrible famille.


Les artistes ne se ménagent pas et bercent mon âme d’enfant d’une symphonie rocambolesque. Les mots claquent, les notes tintent, le texte reste jusqu’à la fin dans notre tête. Cette dernière, d’ailleurs, se fait ballon ici et là, portée par une mise en scène ingénieuse, truffée de fantaisies et de trouvailles : une balançoire, une tour infernale pour le premier meurtre, des mains qui font ballet ici et là…


Le sang noir se fait alors rouge, plein de vie et de trouvailles, digne d’une comédie musicale de Broadway qui en dit plus long qu’il n’y paraît.


Car derrière le parfait gentleman assassin se cache peut-être une autre partition : celle de celles et ceux qui choisissent un chemin différent, par amour plutôt que par intérêt, et qui en paient les dièses toute leur vie. Celle aussi d’une société bancale qui récompense parfois les pires, pourvu qu’ils sachent jouer leur rôle.


Alors oui, le rêve est atteint. La succession est conquise, le destin semble enfin accordé. Mais une petite coda peut toujours se cacher dans les bas-fonds d’une cave pour nous rappeler que rien n’est jamais acquis.


Alors battons-nous pour la meilleure des mélodies. Mais n’oublions pas ce que l’art nous rappelle ici avec malice : le voyage peut être éphémère. Alors, surtout, ne cessons jamais de voyager.

 
 
 

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