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La Chute de la Maison Usher, adaptation d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe (à la Folie Théâtre)

Photo du rédacteur: bjullian
bjullian
7 sept.
2 min de lecture

Mon œil se perd dans la fumée lourde et les bruits frissonnants qui m’accueillent entre les murs de la Folie Théâtre, devenu le décor inquiétant et envoûtant de la Maison Usher.


Par une nuit de tempête, William se retrouve chez Roderick et Madeline, deux jumeaux aux maladies mystérieuses, dont les sens exacerbés semblent les enfermer peu à peu dans leur propre monde. Derrière les murs de cette demeure, c’est toute une aristocratie vieillissante et consanguine qui semble condamnée à disparaître avec elle. La maison parle, craque, respire presque, jusqu’à devenir un personnage à part entière.


Poe, maître de l’horreur et du fantastique, nous plonge dans les tourments de l’âme et mon œil se fait catapulte dans les profondeurs de ces deux êtres, prisonniers de la malédiction meurtrière d’une famille parmi les plus terribles. Portée par trois artistes pleinement engagés dans leurs rôles, cette histoire nous fait trembler car elle révèle en nous nos plus sombres peurs : à force de nourrir ses angoisses et de refouler ses secrets, on finit par créer le monstre qui nous détruit.


Voilà alors que mon œil se fait ogre et dévore les mots si élégamment déclamés, qui nous rappellent l’absurdité de notre condition et la fragilité de notre mental. À trop vouloir se protéger, on en perd peut-être la nécessité de vivre, car vivre, c’est aussi tomber et se relever, se confronter et grandir.


La mise en scène est au cordeau : portes qui claquent, voix qui soulèvent la chair, tonnerre qui accompagne les silences. La scénographie, volontairement intimiste et plongée dans le clair-obscur, joue avec les silhouettes des acteurs. On voit, on ne voit pas. Le regard cherche alors son chemin dans les ombres, entre les corps et les lumières, laissant toute sa place au texte de Poe.


Le dernier monologue de Marcelline installe un doute profond. Que ferait notre corps et notre âme face à la folie qui nous guette ? Face à la mort ?


Et là, le théâtre prend toute son envergure : nous faire jouer avec nos émotions, nous prendre à partie et nous rappeler que la peur fait aussi partie de la vie. Et que le théâtre, peut-être, nous permet de la regarder en face.

 
 
 

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